Il y a 7000 ans les premiers habitants de Scandinavie, sur les bords de la mer Baltique, utilisent en pendentifs magiques, des morceaux d'ambre trouvés sur les plages de cette mer.
Depuis ce témoignage préhistorique, l'Ambre a toujours passionné les amateurs de bijoux et de mystères extraordinaires.
L'Ambre est une matière qui interpelle la réalité tangible. D'apparence fragile, elle semble à l'écart du temps, qui ne semble avoir prise ni sur sa couleur, ni sur sa consistance. Alors que l'univers minéral a tendance à "pétrifier" tout ce que le passé laisse comme trace de vie, l'ambre est comme un paradoxe inaltérable.
Fossile contenant des fossiles, c'est un élément du minéral, tout en conservant des caractéristiques liées au végétal.
Jusqu'au siècle dernier, on considérait cette matière comme précieuse au même titre que l'or ou l'argent.
Sa malléabilité avant l'ère du plastique, lui réservait une place privilégiée dans la considération des Hommes.
Sa combustion dégage une odeur spéciale qui embaume depuis l'Antiquité les temples dédiés aux dieux.
Son influence sur le bien-être se vérifie si facilement que depuis la Préhistoire, magies et thérapeutiques lui prêtent d'innombrables vertus.
Voici les châpitres abordés dans cet article :
AMBRE et Ambre gris : équivoque ?
Généralement, parler d'ambre commence par une confusion évitable de l'Ambre "minéral" avec l'ambre gris, d'origine animale, produit par les cachalots. Cette matière animale n'est utilisée que dans la fabrication des cosmétiques.
L'ambre gris est une concrétion intestinale grasse, de longs cristaux fibreux. Sa couleur est toujours gris sale et son odeur accentuée de musc fait l'objet d'attentions, pour nuancer les plus grands parfums.
Sa forte teneur en graisses facilite le mélange des essences de parfums à dissoudre.
L’Ambre jaune ou « succin » prend toutes les couleurs du miel, opaque ou translucide, du jaune clair au marron sombre, en passant par les bruns cognac, rouges, blancs et noirs, avec ou sans inclusion d’insecte.
Sans odeur au repos, les frottements ou l’échauffement révèlent un parfum caractéristique qui classe aussi l’ambre dans les matières aromatiques. On peut sentir le condensé de sève consumée, due à son origine végétale. Cette marque naturelle de la sève fossile est l’ultime trace des arbres qui couvraient l’espace baltique, à l’oligocène.
Comme l’Ambre jaune est un parfum, cette appartenance va prolonger l’équivoque avec l’ambre gris «support de parfum ». Mais c’est avant tout essentiellement, une matière utilisée pour les bijoux au même titre que les pierres précieuses. C’est aussi un moyen efficace de lutter contre certaines problèmes de santé.

Formation de l’Ambre ?
En observant le tronc d’un conifère, on peut comprendre tout le processus de la formation de l’ambre.
La photosynthèse transforme le CO 2, gaz carbonique de l’air, en hydrates de carbone source vitale de nourriture et d’énergie. La sève assure le transport du carbone dans le végétal.
L’arbre est parcouru par deux sortes de sève : une qui monte du sol vers les feuilles, une autre qui retourne des feuilles au sol. La première monte la nuit apportant l’eau et l’azote nécessaires, la seconde fonctionne le jour grâce à la photosynthèse.
Sur les résineux, la pression de ce double sens entre le jour et la nuit, génère des gouttes de résines qui traversent l’écorce. Plus la photosynthèse est forte, plus le besoin en eau est grand et plus la différence entre les deux courants est accentuée. Voilà ce qui amène les arbres à produire plus de résine extérieure l’été, quand l’ensoleillement est maximum. L’été, avec l’eau qui se raréfie, le dosage interne de liquide des arbres privilégie organiquement l’eau indispensable et expulse de la résine chargée d’hydrate de carbone. Depuis fort longtemps les hommes utilisent ces résines pour fabriquer des vernis ou des mastics.
A la fin du pliocène, dans les immenses forêts, les arbres produisaient beaucoup de résine. Ces gouttes de résine ont traversé les temps car leur composition chimique d’hydrate de carbone, et leur texture imperméable, les rendaient inattaquables par les agents d’érosion environnants.
Actuellement, sur un même tronc, on peut observer des gouttes opaques ou translucides, ceci expliquant qu’avec une origine identique, l’ambre peut avoir des teintes très nuancées, effet auquel s’ajoutent les inclusions, pollen, écorces et autres…

Les gisements d’Ambre
Depuis que les arbres existent, soit depuis le Carbonifère, il se trouve toujours un endroit du monde où les conditions sont réunies pour une surproduction de sève.
Au fil du temps, sur certains sites générateurs d’excès de résine, des processus variés
D’enfouissement ont emprisonné ces nodules de résine « imputrescibles », dans des couches sédimentaires. L’ambre va donc être retrouvée aux quatre coins du globe avec des qualités et des aspects variés.
Premier gisement de la planète : la mer baltique, ce vaste sujet est développé page suivante. Sur les diverses plaques continentales, la découverte des terrains sédimentaires a répertorié quelques sites, où nos ancêtres avaient déjà par ailleurs, puisé dans le trésor….
En Birmanie, l’Ambre peut être jaune vineux, rouge, vert ou parfois même bleu, il s’est formé entre l’Eocène et l’Oligocène. Dans la péninsule Arabique, l’Ambre date du Crétacé.
On en trouve en Chine (Moukden), au Japon (Kudzi), en Thaïlande au Viet-Nam et en Malaisie.
Il est présent aux USA (Maryland, Washington, Alaska) et au Canada dans la province du Saskatchewan, où on le date aussi du Crétacé.
Au Mexique (Chiapas) on creuse pour l’exploiter. A Saint Domingue (Polo Quémando) il était fameux pour être bleu. Il faudrait citer aussi l’Afrique (Zanzibar, Gabon, Nigeria), la Nouvelle Zélande, l’Inde ou l’Australie.
En France après l’Estérel, l’invention récente du gisement de Corbeilles, démontre qu’il reste encore des possibilités de découverte, dans bon nombre de terrains sédimentaires.

L’Ambre de la Baltique
Premier gisement du globe par ses ressources, il représente les deux tiers de l’Ambre du monde, il est surtout le premier par la qualité de l’Ambre qui s’y trouve. La formation géologique de ce sédiment explique tout à fait cet avantage.
La plaque tectonique nord européenne rencontre la plaque centrale aux limites sud de la mer Baltique. A cet endroit elle glisse sous la plaque centrale. Ce mouvement dans le passé, a causé une modification géographique majeure.
Tandis que la mer Baltique était un plateau couvert d’une immense forêt (Pinaceae, Taxodiaceae, Cupressaceae, etc..)la plaque nord s’est légèrement affaissée pour rentrer sous la plaque centrale. Ce changement transforma cette étendue en vaste lac d’eau douce.
Les arbres furent détruits par l’eau et la résine qu’ils avaient produite devint un sédiment de ce lac. La suite du mouvement tectonique provoqua l’ouverture au sud ouest vers la mer du nord. L’eau salée remplaça l’eau douce et les sédiments légers comme l’ambre furent portés par les courants, sur certains points des côtes de cette mer : Pologne, Russie, Lituanie, Allemagne et pays Baltes.
Les dépôts d’Ambre s’effectuèrent dans des sables ou des argiles, sans que de fortes pressions soient exercées sur eux. Les pressions de sédimentation fracturent généralement les éléments fragiles et leur quasi absence dans ce processus, a préservé l’Ambre de la baltique de l’émiettement. Le milieu marin a également préservé cette matière de tous les agents d’érosion et cet ensemble de choses permet de gratifier l’Ambre de Baltique de la première qualité du Monde.

L’Ambre dans l’Antiquité
Dans son Histoire Naturelle, Pline consacre plusieurs pages à l’Ambre, nommé à l’époque « electrum ». Il critique sans appel toutes les affabulations des auteurs qui avaient jusqu’alors mélangé mythes et contrevérités géographiques.
Entre autre, on attribuait son origine à l’urine de lynx solidifiée ou pleurs des Héliades, sœurs de Phaéton.
Le texte explique qu’il s’agit d’une sève solidifiée que l’on trouve sur le rivage des « mers du nord », ajoutant que bien avant lui les anciens savaient déjà qu’il s’agissait d’une matière d’origine végétale, puisqu’ils l’avaient appelée succin.
Il précise qu’il s’agit d’un produit de si haut luxe qu’une petite statuette d’homme en ambre, se paye plus chère que plusieurs hommes bien vivants et vigoureux sur le marché aux esclaves. Néron aurait lancé la mode des cheveux ambrés, après une éloge poétique de la couleur des cheveux de sa femme.
A cette époque, en médecine on l’utilise pour la gorge, les maux d’oreilles, la vue, les dents ou l’estomac. On le consomme en poudre, écrasé avec du miel et de l’huile de rose, on le porte en amulette. On le brûle pour parfumer l’air.
Il occupe aussi, d’après Pline, une place importante dans la fabrication des fausses pierres translucides, des améthystes en particulier, puisqu’on peut le teindre de toutes les couleurs.
On sait par ce texte que les grecs l’avaient beaucoup apprécié, et que sans doute plusieurs autres civilisations en avaient fait usage pour de la médecine ou de la bijouterie.

L’Ambre, l’Egypte et les Arabes
Au temps de Thèbes, soit 2000 ans avant J.C. les Pharaons utilisaient déjà l’Ambre en bijoux, parfum et médecine.
Capitale mondiale de l’époque, les matières les plus rares convergeaient vers ses palais, et l’Ambre du Liban ou de la péninsule arabique a probablement acquis en ce temps une excellente renommée.
Les dynasties qui se sont succédées jusqu’à la domination romaine, ont employé cette matière précieuse en élargissant leur approvisionnement jusqu’aux confins de leur influence.
Avec le développement du commerce en Méditerranée, les Arabes, successeurs des égyptiens, s’intéressèrent aussi à cette matière aux multiples usages de valeur.
Les médecins arabes s’attachent à l’efficacité de l’ambre, pour soigner quantité de maux, et aux yeux de ce peuple, l’Ambre devient rapidement un symbole.
Ce sont ces médecins arabes du passé, qui vont donner le nom d’AMBAR au produit que nous apprécions tant.
C’est aussi la force de la tradition qui va engendrer la fabrication de colliers d’Ambre aux boules très grosses, opaques et jaune rouge. Pour les obtenir les arabes ont coutume de refondre les divers ambres qu’ils importent en les teintant.
On peut penser également que l’essor de leurs contacts commerciaux, et l’amélioration de leurs pratiques artisanales, les ont amenés à mélanger d’autres résines avec la précieuse matière.

L’Ambre jusqu’à l’Alchimie
Au delà du commerce méditerranéen , les Celtes établissent les routes de l’Ambre qui viennent jusqu’en Espagne et en Grèce.
Qu’ils soient Vikings, Goths, Wisigoths ou Francs, les peuples du nord de l’Europe conservent un attachement important à l’Ambre et à son influence.
Le Moyen Age avec ses cortèges d’épidémies trouve dans l’Ambre un remède à la peste. Berquien, médecin de cette époque l’utilise avec succès, renouant avec la tradition des poudres romaines et égyptiennes. On verra que ce résultat n’est pas surprenant, compte tenu de la similitude de composition chimique avec nos sulfamides modernes.
Cette renommée thérapeutique, place l’Ambre dans les matières primordiales que vont expérimenter les Alchimistes. On en trouve trace dans plusieurs ouvrages anciens.
La recherche de l’Or mystérieux de la pierre cachée, aux dires de certains auteurs du moment, passe obligatoirement par l’usage de cette réserve de soleil, emprisonnée par la nature. Hermétiques sont ces textes, tant par les utopies que par le mépris des connaissances déjà acquises antérieurement..
C’est aussi à ce moment là que l’ambre est instituée matière plastique universelle. En effet ce sera longtemps la seule matière naturelle susceptible d’être modelée après chauffage.
Il faudra attendre le début de notre siècle pour que la fabrication de l’ébonite ou des premiers plastiques expérimentaux, attribue le mot « plastique », aux vinyles multiples.

L’Ambre au début de l’électricité
Avant l’invention de la pile électrique par Alexandro Volta, les adeptes des sciences, pour démontrer l’existence de l’électricité utilisaient une machine composée d’une boule d’ambre qui tournait en frottant contre une peau de mouton. Des petits morceaux de papier ou des brins de laine, étaient attirés par la boule après quelques rotations.
Cette expérience a conduit vers la recherche d’u moyen pour accumuler l’électricité obtenue, démarche qui permit alors l’invention des Piles Volta et Leclanché.
Les grecs anciens, connaissaient déjà ce particularisme. Le nom d’electrum qu’ils avaient donné à l’ambre venait de cette propriété physique. Ces courants à l’époque ne s’appelaient pas encore « électricité statique », comme aujourd’hui, car ils étaient la seule manifestation scientifique possible de l’électricité.
Il est fort probable que cet objet antique des cabinets de sciences, ait inspiré Faraday, lorsqu’après ses découvertes sur les courants induits et l’électromagnétisme, il a inventé le premier générateur électrique de l’Humanité.
En effet, il a repris le principe de la rotation et le frottement réduit, pour concevoir sa machine.
Les progrès immenses des techniques électriques ont fait oublier que l’Ambre était une cause originelle et originale du développement de cette discipline. Les recherches sur l’électrostatique ont réveillé cette vieille cause avec l’arrivée des plastiques dans les années 50.

Réalité Physique
Il a fallu attendre les récentes découvertes de la physique des électrons pour commencer à comprendre comment l’Ambre générait de l’électricité. La physique quantique nous réserve probablement encore quelques surprises pour élucider la totalité du mystère. On parle d’électrons libres, pour des particules dont les liaisons sont interrompues avec la molécule ou l’atome.
Dans les hydrates de carbone, composés comme l’ambre, d’hydrogène et de carbone, frottements et chaleur ont tendance à rompre certaines liaisons de la périphérie des chaînes d’atomes. C’est une phase que l’on retrouve aussi dans la digestion pour l’assimilation des aliments.
Les frottements génèrent un flux d’électrons qui vont rejoindre des atomes récepteurs placés à proximité. Ces courants électriques infimes, sont identifiés aujourd’hui sous le vocable « électricité statique »
On sait maintenant grâce aux avancées dans ce domaine, que certains courants basse tension, peuvent être fortement induits par cette électricité statique de voisinage.
Les progrès en électronique ont justifié toute une recherche sur l’antiparasitage pour contenir ou éviter ces courants. On peut aujourd’hui quantifier ces charges électriques, et si dans l’industrie on préfère les éliminer, en matière d’ambre , il semble qu’elles soient ce qui en fait la force de l’avantage.

La Chimie de l’Ambre
La composition chimique de l’Ambre approche de la formule suivante : C10 H16 O, avec quelques variantes. La teneur en hydrogène ou en oxygène peut changer, et on détecte parfois la présence d’azote (*Propolis) ou de soufre.
Depuis les années 50, la chimie organique, activité qui s’est développée autour des combinaisons du carbone, a élaboré quantité de produits pharmaceutiques ou autres. L’inventaire de ces produits utilisées en médecine interpelle quand la similitude avec l’ambre est mise en évidence.
Ainsi dans les calmants, sulfamides, antibiotiques et antiseptiques on trouve des compositions chimiques qui sont très proches de celle de l’Ambre : Aspirine (C9H8O4), Prontosil (C12H13O2N5S) Sulfadiazine (C10H10O2N4) etc…Cette comparaison assez large, permet de situer l’action effective de l’Ambre dans une réalité chimique qui a fait ses preuves par ailleurs.
Il est probable que l’action physique de cette sève fossile, combinée à une action chimique incontestable, provoque sur la peau des messages physico-chimiques assez forts pour lutter contre certaines névralgies autour du cou.
Mes maux de dents, les infections qui touchent poumons, oreilles ou nerfs, sont donc stoppés par l’action de l’ambre.
L’expérience des anciens était fondée, en élargissant les recherches, on pourrait encore trouver des applications curatives, bien au delà des perspectives actuelles.

Similitudes synthétiques
La chimie des matériaux doit aussi un grand remerciement à l’ambre. En effet au siècle dernier, soucieux de trouver des remplacements artificiels aux matières comme l’ambre ou l’écaille utilisées en bijouterie, des hommes travaillent à la synthèse. En 1865, l’anglais Parkes invente la parkesine, puis aux USA les frères Yatt mettent au point le celluloïd, Goodyeaur invente l’ébonite, enfin Krische et Spitteler créent vers 1897 la galalite, formée de caséine. Il faut attendre 1906 pour que le premier vrai plastique soit inventé par le belge Baekeland, ce sera la bakélite.
La base de cette industrie est la cellulose C6H10O5, issue du coton pour être la plus pure ; on la trouve aussi dans tous les bois et végétaux…Qu’ils soient vinyliques, acryliques ou polystyréniques, les plastiques sont des compositions variant de la formule de la cellulose et on peut dire que l’ambre est une variante naturelle de cette gamme.
Alors quand certains pensent discréditer l’ambre en la qualifiant de plastique, ils ne font qu’exprimer une vérité connue.
En guise de diagnostic final, distinguer l’ambre véritable d’une imitation plastique récente (il en existe malheureusement) passe par l’épreuve du feu ou du frottement d’échauffement. Avec l’ambre on va percevoir un doux parfum rappelant une combustion de sève, avec le plastique c’est une odeur âcre de pneu brûlé qui va toucher nos sens, démontrant par là que l’Ambre demeure inimitable fondamentalement.

Similitudes végétales
Il existe dans la flore exotique, des plantes qui produisent une résine dont la ressemblance avec l’ambre est étonnante. Il s’agit des copaliers, nom vulgaire donné aux Vouapa et à d’autres légumineuses Césalpinées du Brésil découvertes au sud des Caraïbes, et qui sont maintenant cultivées à Madagascar, en Afrique ou sous des latitudes identiques.
Le « copal » (vieux terme aztèque du Mexique) est une résine jaune translucide ou opaque, où viennent s’engluer pour l’éternité quantité d’insectes. A première vue la similitude avec l’ambre est parfaite et certains malhonnêtes abusent de cette ressemblance. Les uns pour proposer des insectes dans de l’ambre (qui n’en n’est pas) à bas prix, les autres pour des bijoux qui ne sont pas ce que l’on croit.
Au siècle dernier le copal avait trouvé une application dans les vernis et on l’utilisait même pour recoller l’ambre cassé. L’essor actuel du marché de l’ambre, depuis l’ouverture de la Pologne a fortement stimulé le commerce du copal.
L’examen attentif du copal, met en évidence une friabilité supérieure à celle de l’ambre. La densité bien que proche est légèrement inférieure et la nature récente se détecte par une résistance généralement inférieure. D’autre part le polissage est plus facile avec de l’ambre qui résiste bien mieux aux échauffements de surface. Un bon professionnel identifie assez vite du copal ou de l’ambre. ***Le copal est détruit par de l’huile en ébullition Pas l’Ambre***

Ambre et miel la Propolis
L’ambre prend toutes les couleurs du miel, et son aspect évoque agréablement le trésor des ruchers. Mais au delà de cette apparence, il existe un vrai point commun avec le monde des abeilles. Ces dernières enduisent les parois intérieures de la ruche, d’une substance spéciale nommée Propolis, dont la composition chimique est très proche de celle de l’ambre (la Propolis contient de l’Azote en plus)
La Propolis assure plusieurs fonctions dans le bon état de la ruche. Tout d’abord, c’est un revêtement résistant qui garantit l’étanchéité et l’assainissement des limites intérieures. Mais fonction plus, si un gros intrus (mulot ou reptile) pénètre près des cadres, les abeilles vont le tuer avec leurs dards, puis ne pouvant l’évacuer à cause du poids, elle vont l’enduire de Propolis pour le recouvrir totalement. Cette opération va momifier l’intrus, empêchant toute la décomposition qui aurait perturbé la ruche. Ce point a permis de reconnaître entre autres, la Propolis comme un merveilleux antiseptique.
La Propolis est obtenue par les abeilles à partir de la sève des arbres. C’est aussi de la sève qui est à l’origine de l’Ambre. L’étrange instinct animal nous enseigne ici, les utilités des ressources de notre environnement.
On peut affirmer que les propriétés, de la Propolis vont se retrouver dans l’Ambre. Que ce soit l’analyse chimique ou les effets « momifiants » spectaculaires, l’identification de l’Ambre comme antiseptique puissant, est indéniable.

Le Jais ou « Ambre Noir »
Si, dans les morceaux d’ambre de la Baltique, on trouve parfois des colorations sombres, voire presque noires qui ont aussi accentué l’équivoque avec l’ambre gris, il existe un minéral très proche de l’ambre, totalement noir, tombé en désuétude depuis l’avènement de l’ébonite : le Jais.
Le Jais, classé dans les lignites très pures, doit être associé à l’ambre, car sa formation révèle une origine commune. Aussi appelé Jayet (lat. gagates pierre de « Gages » en Lycie) ce minéral noir a presque la même densité que l’ambre, un aspect similaire de formes extérieures , et une aptitude au polissage identique. On l’a utilisé pour la taille de pierres noires sur les bijoux de deuil, jusqu’à la venue du plastique moulable.
Sa formation résulte d’une accumulation de liquides organiques d’origine végétal, en cime de dépôts fossiles constitués par des végétaux piégés sous terre. La sève de ces bois par un effet de densité, est montée vers la surface et s’est trouvée piégée. La carbonisation s’est effectuée sous l’influence des liquides de décomposition, mais la polymérisation partielle d’une partie de la sève a produit ce charbon, qui ressemble « presque » à un plastique cassant.
On peut considérer que la constitution majeure de Jais vient de la sève des arbres piégés. La charbonisation a provoqué un résultat différent, mais la similitude a des effets communs. Le Jais a un pouvoir calmant quand on le porte, qui est proche des effets physiques de l’Ambre. Encore une fois l’intuition des anciens se trouve validée par la réalité scientifique.

Applications biologiques
On rencontre rarement une matière comme l’Ambre qui coordonne influence chimique et influence physique. Son pouvoir calmant vient en premier. Les maux de dents vont trouver un apaisement qui n’évitera pas l’intervention curative du dentiste si nécessaire, mais qui facilitera la vie.
Sa composition chimique doit nous mettre en garde contre une consommation éventuelle en poudre ingérée. On ne doit pas plaisanter avec ce genre de produit, encore moins jouer à l’apprenti sorcier.
Il faut redire ici, que la bonne Propolis est classée comme produit à risque à cause de sa proximité de composition avec certains barbituriques. On doit donc appliquer la même prudence à l’usage interne de l’Ambre.
De façon générale, toutes les névralgies peuvent trouver un apaisement dans une application locale d’ambre. En Allemagne et dans le nord de l’Europe, les problèmes de rhumatismes arrivent en tête des applications. Ne pensez pas que cette matière est un remède à tous les maux, son usage se localise en priorité vers le cou pour la gorge, les oreilles, le nez et les poumons. Les crises d’asthme d’origines diverses, pollen ou nerfs, sont sérieusement calmées, de même que les angoisses, les déséquilibres nerveux ou l’épilepsie.
Sans aller jusqu’à la notion thérapeutique universelle, on peut dire que le port de l’ambre d’une manière générale, apporte à l’organisme un réel bien-être préventif, tant sur le plan nerveux que sur le plan biologique.

Le collier pour bébé
Le collier de bébé est une vieille tradition européenne qui remonte probablement aux Celtes. Son usage autour des anciennes routes de l’ambre, se constate jusqu’en Espagne. En Allemagne et en Suisse, l’article est toujours proposé en pharmacie.
En France, jusqu’au début du siècle on importait l’Ambre de Russie. La révolution de 1917 a arrêté cette source d’approvisionnement et la tradition est tombée dans l’oubli, sauf dans les familles de mineurs polonais qui ont perpétué son usage, dans les régions minières.
Protection de l’enfant contre ceci ou cela, les rumeurs de bonnes femmes n’expliquent pas toujours à bon escient, le pourquoi de cet usage. Les pages précédentes permettent de faire la part des choses vraies ou fausses.
Lorsqu’un bébé perce ses dents, ses mâchoires sont l’objet de douleur intenses qui perturbent sa vie. Un collier d’ambre va calmer ses douleurs de croissance et apaiser ses nerfs d’enfant confronté à un stress inconnu. Au delà de l’effet calmant, pour le passage de cette crise, le port de ce collier va équilibrer le nouveau né, stimulant ainsi son adaptation dans la vie qu’il commence.
N.B. la norme européenne concernant les objets mis à la portée des enfants de 36 mois, obligent l’usage d’ambre refondu et l’absence de métal. Même refondu l’ambre conserve ses propriétés physiques et chimiques.

Le collier pour adulte
Avec une matière dont la composition chimique assure un effet calmant et dont la présence physique restaure l’équilibre des nerfs, on peut comprendre qu’un collier d’ambre soit apprécié par une majorité de gens.
Le collier associe la matière requise pour l’efficacité optimum, avec un facilité d’application dans la zone réceptive. Si les femmes se parent sans complexe de colliers, les mœurs actuels n’autorisent pas trop les hommes à faire de même. Avec sa légèreté, on sent peu la présence d’un collier d’ambre. En le glissant sous leur chemise, les hommes peuvent très discrètement bénéficier de tous ses bienfaits.
Dans le collier d’ambre les conditions sont réunies pour tenter les hommes avec une matière dont l’utilité se porte bien. La vie tumultueuse de notre époque provoque assez vite stress et angoisses. L’ambre est une réponse idéale à ce genre d’oppression.
A ma connaissance, de nombreux responsables hommes, ont essayé ce genre de collier sous leur costume-cravate. La plupart ont été tellement satisfaits, que ce collier leur est devenu indispensable..
Qu’on se souvienne en terminant d’évoquer cet usage, que les premiers colliers portés par les êtres humains , étaient destinés aux guerriers.
Alors que ceux qui souffrent des apparences sociales pour utiliser un collier d’ambre, étouffent leurs complexes, en se déclarant en guerre contre ce qui gène leur calme et leur quiétude. Qu’ils osent enfin porter un collier d’ambre, ils ne le regretteront pas.

L’Ambre : un Symbole
Depuis Thalès, mathématicien qui vivait 600 ans avant JC, on parle de cette matière, en orientant son pouvoir électrique vers différentes symboliques.
Pour les Phéniciens et les Etrusques (rites funéraires avec de l’Ambre) c’était un symbole de force éternelle et de vie.
Chez les Celtes, une légende raconte qu’un vieillard divinisé, Ogmios, entraînait certains hommes à le suivre en les liant par les oreilles à une chaîne d’ambre. Ce lien fragile mais symbolique, les hommes préféraient ne pas le rompre pour suivre leur guide spirituel vers la sagesse.
Avec les Romains, l’ambre sous toutes ses formes prenait divers sens, mais le parfum produit par la combustion de l’ambre était réservé au temple de Jupiter, pour manifester l’élévation d’un « nectar » réservé au premier des dieux.
De cette époque s’affirme l’idée que l’ambre est le lien subtil entre l’âme individuelle à l’âme universelle, en matérialisant l’attraction solaire, spirituelle et divine.
Dans la tradition ésotérique, il est offert par Dieu au premier peuple de Jacob , communion de la Vie du Rocher Divin.
Au fil des superstitions, il est protecteur du mauvais œil, des poisons, des blessures, et demeure toujours un symbole de virilité. Probablement que ce dernier point conserve la trace vivante de l’influence Celte sur cette Magie du Nord. Un éternel symbole d’énergie…

Science ou Fiction
Il convient de démystifier les fossiles retrouvés dans l’ambre. Il n’est pas possible de retrouver de l’ADN dans un moustique du Jurassique, sauf pour la réussite d’un scénario de film…
Si l’insecte est visible, c’est seulement la trace de son empreinte qui se voit. Dans cette trace une fine pellicule de carbone est le seul vestige que le temps a conservé.
Cependant l’identification de ces populations d’insectes permet d’avoir une idée précise de l’évolution de certaines espèces. Cette étude permet aussi de connaître le climat et la flore locale, à l’époque piégée par cette fossilisation.
Que reste-t-il à découvrir à partir de l’ambre ?
Dans le domaine des applications médicales, on peut dire qu’il reste beaucoup à apprendre, pour valider bon nombre de faits identifiés par l’expérience. Et si les résines actuelles, similaires à l’ambre, réservaient encore de bonnes surprises ?
En matière d’environnement alors que les plastiques polluent la planète par leur multiplicité, on pourrait se souvenir que l’un des modèles les plus simples , l’ambre, reste « magique »…
Dans le domaine de la Physique, à l’heure où la technologie développe les matériaux composites (carbone + silicium) en chaîne avec de l’hydrogène, on pourrait peut-être se rappeler que le « magnétisme » de l’ambre avec le magnétisme du fer, et les champs magnétiques terrestres ou autres, peuvent encore indiquer des pistes communes à explorer…
Quand on cherche idées ou symboles, on revient à l’Ambre !

Texte de Philippe PERROT